PRESENTATION DU COURS POUR LES DIPLOMATES AFRICAINS
“L’Eglise catholique et la politique internationale du Saint-Siège”?

Après le succès du Cours pour les diplomates da la Méditerranée et du Moyen Orient de l’année dernier (dont on peut lire un large compte-rendu dans la revue “Aggiornamenti Sociali”, n. 12, 2007), la Fondation La Gregoriana et l’Institut International Jacques Maritain, avec la collaboration de l’Université LUMSA de Rome, la Georgetown University de Washington et la Catholic University of Eastern Africa de Nairobi, cette année ont a décidé de répliquer l’initiative en la consacrant cependant aux diplomates des Pays de l’Afrique. On essayera d’expliquer en 15 jours les structures de l’Eglise catholique et la politique internationale du Saint-Siège, la première semaine se déroulera à Rome et la deuxième à Turin, du 13 au 25 mai.

Pourquoi l’Afrique? Pourquoi l’Eglise catholique? Pourquoi les diplomates?

Pourquoi l’Afrique? Parce que il s’agit actuellement du continent à l’attention générale de la planète. Sauf des rares exceptions, il n’a pas été touché par les bénéfices de la mondialisation, mais plutôt par ses effets les plus négatifs et aujourd’hui il subit en plein le coup de la crise alimentaire mondiale, avec son cortège de misère, de maladies et de violence. Tout cela arrive dans un continent où ne manquent pas les ressources, mais convoitées d’abord par les Etats européens, auxquels aujourd’hui s’en ajoutent d’autres avec la même manque de scrupules.
La présence de l’Occident dans ce continent n’a pas écrit le meilleures pages de son histoire. Aujourd’hui encore on avance trop souvent des palliatifs pour modifier un système où l’iperconsommation des uns se nourrit de la sousconsummation des autres.

Pourquoi l’Eglise catholique et la politique internationale du Saint-Siège ?

Dans l’exhortation apostolique Ecclesia in Africa du 18 septembre 1995, Jean-Paul II avait décrit la situation de l’Afrique et ce que l’Eglise est en train de faire pour aider ce continent. Aujourd’hui, dans l’anniversaire de l’encyclique Populorum progressio de Paul VI, la magna charte de l’Eglise sur le développement, il faut retourner à parler de développement, car ce mot a été trop rapidement absorbé par l’autre, aujourd’hui à la mode de mondialisation, qui trop souvent ignore le développement ou, à la limite, le conçoit seulement sur le plan économique. L’Eglise universelle et les Eglises locales africaines par contre sont en première file pour promouvoir l’épanouissement de tout l’homme et de tous les hommes à travers des “modèles africains de développement” , ainsi que l’intégration progressive de cette terre immense, partagée par des barrières artificielles, pour répondre à la question toujours d’actualité posée par le grand historien africain de l’Afrique, Joseph Ki-Zerbo, “à quand l’Afrique” ? L’action de l’Eglise ne se réalise seulement à l’intérieur de l’Afrique – dès que possible en dialogue avec les autres religions – par l’éducation, le soins de santé et, en général en promouvant l’émancipation de l’homme africain, notre progéniteur, mais aussi dans les sièges internationaux et auprès des gouvernement où se prennent les veritables décisions pour le monde. Dans ce sens la politique internationale du Saint-Siège constitue un facteur de stabilité non seulement pour le continent, mais pour le monde entier. Il est un facteur d’inspiration morale, de promotion de la justice, de la démocratie et de la paix. Il ne faut pas oublier, à titre d’exemple, le discours de Benoît XVI à l’ONU axé sur les droits de l’homme et, en particulier, sur la “responsabilité de protéger” des Etats et de la communauté internationale les groupements en danger. Cette politique, au sens fort du mot est productrice de sens et de vie, ce que notre monde est en train de perdre, avec le meilleur des traditions africaines.

Pourquoi s’adresser à des diplomates ?

Car ils sont avant tout préparés à accomplir des œuvres de paix. Ils ne sont pas formé pour la guerre, mais pour être des médiateurs des conflits qui ensanglent ce continent magnifique et poétique. Ce Cours les concerne particulièrement car l’Eglise poursuit le même but.

Certes nous savons tous que le destin de l’Afrique se joue aussi au-delà de l’Afrique. Comme écrivait Jacques Maritain, le philosophe si attentif au développement intégral de la personne, dans la préface à l’édition française au livre de Robert Brittain, ancien Directeur Général de la FAO, La guerre contre la faim : pour vaincre la bataille contre la faim, il ne s’agit pas tellement d’une question de moyens économiques, mais de volonté politique ; cependant elle n’existera réellement jusqu’à quand il n’existera pas de société politique mondiale. Cela renvoie à l’appelle du grand poète et homme politique sénégalais, Leopold Sédar Senghor à apprendre à vivre avec l’autre, le divers, proche où lointain, à vivre “le particularisme jusqu’au bout pour y trouver l’aurore de l’universel”.


Prof. Roberto Papini
Secrétaire Général de
l’Institut International Jacques Maritain
Directeur exécutif du Cours

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