

Le
Salon international des technologies environnementales et de la gestion des
déchets montre quelles voies emprunter pour trouver des solutions permettant
aux agences nationales et internationales de l'eau de relever les défis.
En
matière d'alimentation en eau et de traitement des eaux usées, les exigences
sont multiples sur le plan international. Sur le plan mondial, il s'agit en
premier lieu de permettre à environ un sixième de l'humanité d'avoir enfin
accès à l'eau potable. D'un point de vue local, force est de constater que ce
sont surtout les pays très développés sur le plan industriel, comme ceux de
l'Union européenne par exemple, qui sont tributaires du développement de
technologies très pointues pour éliminer de nouveaux polluants des eaux usées. Le
savoir-faire que cela suppose sera illustré sous toutes ses formes par
Entsorga-Enteco 2006 - Salon international des technologies environnementales
et de la gestion des déchets - qui aura lieu à Cologne du 24 au 27 octobre. C'est
avec des produits mais aussi des solutions et des prestations innovantes
proposées par les exposants que le secteur de l'offre « Eau et eaux
usées » focalisera l'attention des visiteurs professionnels. Un programme
d'animation viendra parfaire cette présentation. Toute une journée de salon
sera consacrée aux agences de l'eau. Le congrès intitulé « Protection des
ressources globales en eau - gestion moderne de l'eau pour la préserver »,
le workshop de la BDE ayant pour thème « Nettoyage des
canalisations » ainsi qu'une manifestation proposée par la
Wasserwirtschaftsinitiative NRW figurent au programme.

Les
ressources mondiales en eau douce représentent plus de 40 000 kilomètres cubes.
Les eaux souterraines constituent un quart de ces ressources, le reste se
répartissant entre les cours d'eau, les fleuves et les mers. C'est un réservoir
que l'on a du mal à imaginer et pourtant il ne correspond qu'à environ
2,5 % de la quantité totale d'eau sur la Terre. Il s'agit à 97,5 %
d'eau salée, impropre à la consommation. Actuellement, nous n'utilisons
qu'environ un dixième de l'eau douce disponible, soit approximativement 4 000
kilomètres cubes. L'agriculture en consomme 70 % , l'industrie 20 %
et les ménages 10 %, d'après les données actuelles fournies par World
Resources Institute (Washington D.C., Etats-Unis). Il n'y a pas de pénurie
d'eau ? C'est certainement exact d'un point de vue global. Ce n'est
malheureusement pas le cas sur le plan régional. Car, les données fournies par
les Nations Unies sont alarmantes : 1 milliard d'êtres humains n'ont pas
accès à l'eau potable. Cela représente près d'un sixième de la population
mondiale, celle-ci comportant actuellement près de 6,4 milliards d'individus.
En Amérique Latine et aux Caraïbes, environ les deux tiers des habitants ont
« l'eau au robinet ». En Asie, moins de la moitié de la population
est dans ce cas et en Afrique, à peine un quart.
Ils
sont encore plus nombreux, à savoir 2,4 milliards, à ne pas avoir de sanitaires
et encore moins de canalisations pour l'évacuation des eaux usées ou de
stations d'épuration. Chaque année, plus de 2 millions de personnes meurent de
maladies provoquées par de l'eau impropre à la consommation. Chaque jour,
environ 2 millions de tonnes de détritus et de produits chimiques d'origine
industrielle, agricole et domestique sont déversés sans traitement préalable
dans les fleuves et les mers.
Il
n'est pas étonnant qu'en 2000 l'Assemblée générale des Nations Unies ait
inscrit la protection des ressources vitales en eau au catalogue des objectifs
de développement du millénaire. L'objectif à atteindre d'ici 2015 consiste à
faire diminuer de moitié le nombre de personnes privées d'eau potable et
financièrement accessible. Deux ans plus tard, au sommet mondial sur le
développement durable qui s'est tenu à Johannesburg, ces mêmes objectifs ont
été transposés aux personnes vivant sans installations sanitaires.
Ce
sont des objectifs ambitieux que le savoir-faire technique, à lui seul, ne
saurait permettre d'atteindre. Dans la plupart des pays du tiers-monde, il faut
commencer par mettre en place un cadre juridique et organisationnel pour gérer
l'eau et traiter les eaux usées dans de bonnes conditions. Ce n'est guère
envisageable sans le soutien de pays plus expérimentés dans ce domaine.
Ce
sont les pays d'Europe par exemple. Dans les 25 pays de l'Union européenne
(UE), la consommation annuelle d'eau est d'environ 300 kilomètres cubes, un
dixième du volume total disponible. Environ un tiers est utilisé par
l'agriculture, un autre tiers sert au refroidissement dans les usines de
production d'électricité. Un quart est consommé par les ménages pour cuisiner,
faire la lessive, laver la vaisselle, nettoyer et se laver soi-même. Le reste,
soit 13 %, est utilisé par l'industrie ou la production industrielle. Pour
la plupart des Européens, il est tout à fait naturel d'avoir accès à l'eau
potable en quantité suffisante. Il n'y a pratiquement pas un pays membre de
l'Union européenne où la proportion d'habitants connectés au réseau public de
distribution d'eau ne soit supérieure à 90 %.
Progrès
technologiques évidents
Ces
vingt dernières années, les pays de l'Union européenne ont accompli des progrès
considérables également en matière d'évacuation des eaux usées. Entre-temps, la
nette majorité de la population est raccordée au réseau de canalisations et aux
stations d'épuration. Toutefois, il existe encore quelques différences
régionales. C'est ainsi que dans les pays du nord-ouest de l'Europe, plus de
90 % de la population sont raccordés aux systèmes d'évacuation des eaux
usées, contre 50 à 80 % dans les pays du sud de l'Europe. Les besoins de
rattrapage sont les plus prononcés chez les nouveaux adhérents, ceux d'Europe
de l'Est, où la proportion est inférieure à 60 %.

Dans
le même temps, les techniques de traitement des eaux usées se sont nettement
développées et améliorées. Après l'élimination mécanique de matières en
suspension, suivie d'un traitement biologique, une troisième étape d'épuration
s'est imposée en Europe. Elle consiste en une rétention des composés de l'azote
et du phosphore, des substances dissoutes dont la trop grande concentration
entraîne la prolifération d'algues et d'autres végétaux perturbant l'équilibre
biologique des eaux. C'est surtout en Europe centrale et septentrionale que
deux tiers au moins et jusqu'à 90 % des eaux usées sont traités et
purifiés en trois étapes avant d'être déversés dans des fleuves ou des mers.

Ceci
résulte, entre autres, de l'application de la directive européenne de 1991
concernant le traitement des eaux urbaines résiduaires. En vertu de cette
directive, les pays membres de l'Union européenne sont tenus d'indiquer les
zones dites sensibles, comme les lacs, qu'il s'agit de protéger contre une
surconcentration de substances indésirables. Dans ces zones, la troisième étape
de purification des eaux usées doit permettre de réduire de 80 % la teneur
en phosphore et d'au moins 70% celle en azote.
La
directive-cadre de 2000 dans le domaine de la politique de l'eau est une autre
disposition juridique importante de l'Union européenne. Elle a donné le coup
d'envoi à la mise en place d'un cadre communautaire pour la protection des eaux
en Europe, garantissant une gestion coordonnée de la nappe aquifère, au-delà
des frontières nationales. L'identification de districts hydrographiques est
terminée aussi bien sur le plan national qu'international et un premier état
des lieux a déjà été dressé.
Selon
l'objectif visé par la directive, toutes les eaux souterraines et de surface
devront, d'ici 2005, atteindre « un bon état » en Europe. Ces eaux
peuvent certes être utilisées par la population mais à condition seulement que
cela n'altère pas sensiblement leurs fonctions écologiques. Toutes les
précisions concernant le « bon état » des différentes catégories
d'eaux ont été annexées à la directive.
Avec
le Danemark, les Pays-Bas et l'Autriche, l'Allemagne fait partie des pays qui,
dans l'Union européenne, montrent la voie à suivre en matière de protection des
eaux et ont déjà satisfait aux exigences énoncées par la directive européenne
concernant le traitement des eaux urbaines résiduaires. 95 % des quelque
80 millions d'habitants que compte l'Allemagne sont raccordés au réseau public
de canalisations et 93 % aux stations d'épuration qui, toutes sont dotées
d'un système de traitement biologique des eaux usées. Environ 95 % d'entre
elles pratiquent l'élimination systématique des composés susmentionnés au cours
de la troisième étape de purification. Pour atteindre ce niveau, les communes
allemandes ont investi environ 120 milliards d'euros ces trois dernières
décennies
L'Allemagne
est prête à relever de nouveaux défis
Même
les pays avancés en matière de distribution d'eau et de traitement des eaux
usées seront confrontés à l'avenir à des défis considérables. Prenons le cas de
l'Allemagne :
-
organisation et marché : depuis 2002, les fédérations concernées et les
milieux politiques s'emploient à moderniser la filière de l'eau en Allemagne.
Avec près de 7 000 entreprises de traitement de l'eau gérant plus de
10 000 stations d'épuration et plus de 6 500 entreprises de distribution
exploitant près de 18 000 usines des eaux, le marché allemand est très fragmenté.
Par ailleurs, il est essentiellement aux mains d'entreprises publiques. Il
faudrait encourager les coopérations et jusqu'aux fusions des entreprises
voisines, celles spécialisées dans la distribution et le traitement de l'eau,
afin qu'elles atteignent pour le moins une taille qui leur permette d'améliorer
leur rentabilité. Une autre mesure dans le cadre de cette stratégie de
modernisation consiste par exemple à instaurer, à l'échelon national, un
système homogène de benchmarking mettant en évidence, à partir d'une
comparaison transparente des prestations, les potentiels de baisse des coûts
qui profiteront également aux citoyens du fait d'un abaissement des taxes sur
l'eau. Il faut par ailleurs faire en sorte qu'un nombre accru d'entreprises
privées participent au marché de l'eau et, dans ce but, rendre par exemple plus
équitables les conditions de concurrence avec les entreprises communales.
-
Assainissement des canalisations : le réseau de canalisations qui, en plus
de cent ans, a atteint près de 500 000 kilomètres, nécessite peu à peu un
entretien accru et doit faire l'objet notamment de mesures d'assainissement.
D'après les indications fournies par l'Union allemande de la gestion de l'eau,
du traitement des eaux usées et de l'élimination des déchets (Deutsche
Vereinigung für Wasserwirtschaft, Abwasser und Abfall - DWA, Hennef), environ
20 % des canalisations publiques nécessitent un assainissement à court ou
moyen terme. Coûts : 55 milliards d'euros au minimum. Pour préserver
durablement le réseau d'une valeur d'environ 330 milliards d'euros, il faudra
vraisemblablement multiplier cette somme par deux ou par trois. Etant donné que
les moyens dont disposent les pouvoirs publics sont comptés et que cette
pénurie d'argent est entre-temps chronique, cette tâche ne peut être accomplie
sans le savoir-faire et le capital du secteur privé.
-
Problèmes avec de nouveaux polluants : des substances auxquelles on a
prêté peu d'attention jusqu'à présent, à savoir des produits chimiques agissant
sur l'environnement et des médicaments altèrent la qualité des eaux, provoquant
des problèmes de plus en plus importants pour les êtres humains et les animaux
d'élevage. Evacués par les canalisations ou véhiculés par le lisier et le
fumier, ces produits polluent l'environnement. Leur concentration dans les eaux
de surface et même dans les eaux souterraines est avérée. Certains principes
actifs contenus dans les médicaments peuvent par exemple agir sur le système
hormonal des poissons ainsi que d'autres êtres vivant dans l'eau, et provoquer
des modifications indésirables. Même le traitement des eaux usées en trois
étapes ne permet d'éliminer qu'une partie de ces produits chimiques et de ces
principes actifs. Voilà pourquoi, dans les années à venir, il faudra équiper
une partie des stations d'épuration allemandes d'installations modernes de
filtration par membrane, selon le conseil des experts chargés par le
gouvernement des problèmes d'environnement. Les membranes de microfiltration et
d'ultrafiltration ne permettent toutefois une rétention des produits chimiques
et des médicaments que si ceux-ci ont été absorbés et fixés par des matières
solides. Pour les éliminer lorsqu'ils sont dissous dans les eaux, il faudrait
se doter d'équipements permettant de pratiquer une nanofiltration ou, en plus
d'une filtration avec du charbon actif, d'appliquer des procédés complexes
d'oxydation nécessitant l'utilisation d'ozone ou de peroxyde. L'optimisation
technique et économique de tels procédés suppose des travaux considérables sur
le plan de la recherche.
Ce
n'est qu'un aperçu des technologies et des thèmes mis en relief par le secteur
de l'offre « Eau & eaux usées » à Entsorga-Enteco 2006 - Salon
international des technologies environnementales et de la gestion des déchets -
qui aura lieu au parc des expositions de Cologne du 24 au 27 octobre.
Source
Presse Entsorga-Enteco - Koelnmesse
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